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Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 17:15
brigitte-fontaine-prohibition.jpg Avec son look de libellule,
Brigitte Fontaine
bannit

la prohibition

Je suis vieille et je vous en.../ Avec mon look de libellule /Je suis vieille et je vais crever /Un petit détail oublié. Le refrain du morceau Prohibition, de l’album éponyme, donne le ton. A 70 ans, Brigitte Fontaine s’est éloignée du style boule à zéro (photo DR) mais pas d’Areski Belkacem, son fidèle compagnon qui signe l’arrangement musical de Prohibition. Le seizième opus de la grande dame déjantée de la chanson française fait la peau à une société en quête de libertés. Je repasse à l’attaque, commente Brigitte Fontaine dans une interview parue sur la toile, il y a de quoi!
La chanteuse originaire de Bretagne, ridée et abîmée par la vie, conserve sa marque de fabrique. La majorité des chansons s’attaquent aux interdictions de fumer, de penser, de s’exprimer ou de boire. D’autres parlent d’amour.
Le style de l’album s’avère difficile à définir. Du rock tapant avec Just you and me, aux airs arabisants avec Soufi en duo avec l’ex-mannequin et chanteuse Grace Jones, en passant par la complainte au piano Harem, Brigitte Fontaine ne semble s’arrêter sur aucun style musical, surfant sur les vagues, les unes après les autres. L’album s’achève sur un morceau
frappé du sceau de l’excentricité avec Partir ou rester, en collaboration avec le non moins déjanté Philippe Katerine. Cette chanson est née après la dernière élection présidentielle en France. Mais comment fuck allons-nous faire, demande la diva. A quoi l’androgyne voix de Katerine rétorque avec légèreté: On va descendre dans la rue /Lutter contre les lustucrus. Comprend qui veut. Et plus loin, J’ai des grenats et des grenades /Plein les poches ma camarade. Les deux voix énigmatiques soutenues par des percussions incitent au combat: Courage fuyons les nervis /Les bâtards les quasi nazis. Avant de tirer sa révérence, Brigitte Fontaine se répand dans Je suis un poète, déclamation qui rappelle le ton du Chien de Léo Ferré. Le violoncelle accompagne ses vers: Je suis un poète /Et je ne vous embrasse pas /Mais je vous invite /Au bal des obscurs des petits voleurs /Des veines bleues des basanés /A Fleury-Mérogis /A la Santé et aux Baumettes /Ouvrez les prisons /Elles nous tuent. Comme un appel au secours, venu du fond du coeur.

Cécile Gavlak
Photo: DR
18.11.09


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Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 16:55
rufo.jpg
Marcel Rufo: «je vais continuer
à prescrire du père
»


Marcel Rufo signe un essai sur le rôle de la figure paternelle. Le pédopsychiatre toulonnais s'explique lors d'un entretien téléphonique.

L'essai de Marcel Rufo s'intitule Chacun cherche un père. Son ouvrage se penche sur les images du père-héros de l'enfance, du père symbolique et du père réel. Marcel Rufo souhaite l'inscrire au cœur de la psychiatrie. L'auteur, âgé de 66 ans, dirige aujourd'hui l'Espace Arthur, service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à Marseille. Un accent du sud envahit le combiné du téléphone, Marcel Rufo est au bout du fil pour un entretien.

 

Quel a été l'élément déclencheur de ce livre?

Les pédopsychiatres, en général, ne prescrivent pas assez de père. La mère est au centre de tout: de l'enfance, de l'adolescence. Je voulais montrer ce qu'il y a de particulier dans la relation père-enfant. C'est aussi un hommage à mon propre père.

 

Vous lui consacrez un prologue. Quels souvenirs gardez-vous de lui?

L'anecdote racontée dans le livre. Je m'étais coupé un doigt et, la nuit, il était venu dormir à côté de moi sans rien dire. C'était sympa. Et aussi, à la fin de sa vie, lorsqu'il a eu un accident vasculaire et que je l'avais grondé parce qu'il ne pouvait plus avancer.

 

Comment décrire l'enfant qui est en vous?

Les pédopsychiatres ont une grande part d'enfance en eux. Maintenant j'ai grandi, je suis passé à l'adolescence. Nous ne sommes pas neutres. Nous écoutons les pensées, les peurs et les attitudes des enfants. Nous sommes dans une exploration permanente du monde de l'enfance. On est obligé de penser à soi enfant.

 

Comment étiez-vous, enfant?

J'étais un enfant pas très bavard, un brave gosse, modèle, gentil et attentif. Je suis né psychiatre. J'ai toujours été intéressé par mes pensées et celles des autres. J'ai des souvenirs à l'âge de 4 ans. J'ai gardé une part d'enfance par mon optimisme. Je suis un psy pas triste. Je suis dans l'utopie et l'imaginaire. Par exemple, je suis en train de faire des projets majestueux pour un hôpital que je ne dirigerai jamais.

 

Dans votre ouvrage, vous comparez le psychisme de l'enfant à une maison. La mère en serait les murs et le père, la clôture autour du jardin. Pouvez-vous commenter cette image?

La maman est le contenant. Et le père, c'est l'extérieur, l'aventure. Cette maison évolue en grandissant, il faut entretenir la plomberie. Au grenier, on met les souvenirs et à la cave, les mauvaises pensées. ça, c'est du Bachelard traduit en marseillais.

 

Quelle est votre position par rapport aux parents de même sexe?

Les couples homosexuels sont capables d'être parents, aussi bien que les hétéros. Pas mieux, aussi bien. C'est toute une famille qui adopte un enfant, avec les oncles, les tantes… Je vais militer pour ça. Selon certaines études, 63% des Français sont encore contre l'adoption par les homosexuels.

 

Que souhaiteriez-vous que l'on retienne de votre livre?

Que «le père ce héros» est ensuite remis en cause. Le père est important pour se construire. La famille c'est: un père, une mère et un enfant. Il faut entendre aussi ce que les pères ont à dire. Je prescris très souvent du père, et je vais continuer à le faire. Des lectrices me disent souvent: j'ai mieux compris mon mari avec mon enfant et mon père avec mon frère. Chacun se réfère à sa propre vie. Personne n'est neutre. Les pédopsychiatres non plus. Même la Suisse n'est pas neutre!

Propos recueillis par Cécile Gavlak
Photo: Muriel Berthelot
03.02.10


Chacun cherche un père, Ed. Anne Carrière.

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Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 16:51
french-cowboy.jpg French Cowboy: « j'ai composé cet album principalement dans ma chambre»

Samedi, le festival des Hivernales accueille les French Cowboy à l'Usine à gaz. Descendants des Little Rabbits, les musiciens décalés de Nantes se sont reformés depuis 2006 sous le nom de French Cowboy, avec Gaëtan Chataigner à la basse, Stéphane Louvain à la guitare et Eric Pifeteau à la batterie. Rencontre au téléphone avec le leader Federico Pellegrini, en direct de son appartement nantais.

 

 

Ce troisième album est intitulé «Isn't my bedroom», pourquoi?

Primo, c'est la phrase d'une chanson. C'est une question qui attend une réponse. Et la réponse, c'est: non! Secundo, j'ai principalement écrit ce disque dans ma chambre à Nantes. Tout part de cette pièce. Je travaille ici par choix. Je me suis installé un ordinateur avec une carte son. Car j'ai besoin de faire les choses aussitôt que j'en ai l'idée, dans l'immédiat. Mon ordinateur me sert de magnétophone. J'habite dans un immeuble de quatre étages. Au-dessus de chez moi, il y a des mansardes donc je ne peux pas non plus faire un bruit extraordinaire.

 

D'où vient le nom de French Cowboy? Viendrez-vous à cheval de Nantes à Nyon?

Moi, je suis monté une seule fois à cheval, il me faudrait donc beaucoup d'heures de cours pour faire tous ces kilomètres (rires). Le nom vient d'une anecdote. Avec Little Rabbits, on enregistrait à Tucson, aux Etats-Unis, et on achetait des vêtements dans les solderies. Je m'étais trouvé un énorme chapeau de cow-boy qui était vraiment trop grand. Le producteur Jim Waters m'avait surnommé le French Cowboy. Ce nom correspond bien au groupe, car nous faisons de la musique anglo-saxonne mais il est clair que nous sommes Français.

 

 

Pourquoi avoir arrêté Little Rabbits?

Depuis quinze ans que nous jouions ensemble, ce groupe devenait castrateur. On était tout le temps dans une espèce de norme. On se trouvait dans une impasse. Mais c'était difficile de s'arrêter, nous étions dans un rapport de vieux couple. Avec French Cowboy, ça me paraît plus durable. Les musiciens ont d'autres projets en parallèle. Chacun peut se découvrir ailleurs. Depuis 2006, j'aime comment ça marche. Il y a le travail du groupe et celui du label que l'on a créé. Cela me correspond.

 

Propos recueillis par Cécile Gavlak
Photo: DR
12.02.10


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  • : 15/10/2009

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